Michel Rickhaus, lauréat 2023@Josschmid.com
Depuis 1999, la recherche et l’enseignement universitaires en Suisse est un domaine clé de soutien de la Fondation notamment grâce au Programme «Monique de Meuron – FPFS pour la relève universitaire». Chaque année, le programme finance deux postes de professeurs assistants, un en Sciences Humaines et Sociales et l’autre en Sciences Naturelles et Expérimentales.
Il permet aux cinq universités romandes* de recruter de jeunes talents en début de carrière, en leur offrant un appui financier pendant quatre ans au plus. Cet appui facilite l’installation et l’intégration durable des lauréates et lauréats et de leurs groupes au sein de l’université. En décembre 2025, la commission d’expertes et experts coordonnée par le Professeur Fred Paccaud, délégué au Programme à la Fondation Philanthropique Famille Sandoz, a désigné deux lauréates à l’issue de deux jours d’auditions.
En Sciences Humaines et Sociales : Johanna Hornung (Université de Lausanne) et en Sciences Naturelles et Expérimentales : Géraldine Haack (Université de Genève).
36 lauréates et lauréats ont été soutenus depuis 1999. 23 sont des femmes (64%) et 85% sont toujours en poste dans l’université hôte.
*Seules les universités de Fribourg, Genève, Lausanne, Neuchâtel, ainsi que l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne sont éligibles au Programme et peuvent proposer des candidatures. Les candidatures envoyées spontanément ne sont pas considérées par la FPFS.
Communiqué de presse - Concours 2025
Historique des lauréats
Portrait Géraldine Haack, lauréate
Lauréate 2025 dans la catégorie Sciences naturelles et expérimentales, la professeure assistante Géraldine Haack (département de physique appliquée à l’Université de Genève) étudie des modèles théoriques de systèmes physiques à l’échelle quantique.

La recherche de Géraldine Haack porte sur l’étude des systèmes quantiques, c’est-à-dire des systèmes physiques de très petite taille (atomes, molécules, électrons, circuits supraconducteurs, etc.) dont le comportement est régi par les lois de la mécanique quantique et qui présentent des phénomènes tels que la cohérence, l’intrication et les fluctuations quantiques.
Ces systèmes sont inévitablement affectés par la dissipation liée à leur environnement. Souvent perçue comme néfaste, celle-ci peut en réalité être exploitée et utilisée de manière avantageuse dans certains cas. Les travaux menés s’inscrivent dans le régime hors équilibre, où des courants de particules, de charge ou de chaleur traversent des dispositifs quantiques connectés à plusieurs environnements.
L’objectif est de développer des outils et des concepts théoriques pour analyser leur dynamique quantique ainsi que leurs propriétés thermodynamiques. D’un point de vue fondamental, cette approche permet d’approfondir la compréhension des flux d’information et d’énergie dans le régime quantique. Sur le plan applicatif, elle ouvre la voie à des modèles novateurs pour des dispositifs de métrologie quantique et de traitement de l’information quantique. Cette approche théorique est étroitement alignée avec les expériences de pointe en physique du solide à l’échelle nanométrique réalisées actuellement en laboratoire, faisant de cet axe de recherche un élément clé pour le développement de technologies quantiques efficaces dans un avenir proche.
Portrait Johanna Hornung, lauréate
Lauréate 2025 dans la catégorie Sciences humaines et sociales, la professeure assistante en politiques publiques Johanna Hornung (Université de Lausanne) étudie les dynamiques des processus politiques, en particulier les impacts et les préférences des acteurs impliqués, afin d’expliquer l’adoption et la mise en œuvre des mesures de politique publique.

Comment se forment les préférences en matière de politiques publiques ? Les mesures politiques sont-elles davantage acceptées lorsque la population a l’impression qu’elles s’appuient sur la science ? La science constitue-t-elle un facteur de polarisation ou de dépolarisation dans la gestion politique des crises ? Et quel rôle jouent les émotions et les appartenances à des groupes sociaux, tels que les partis politiques ?
Ces questions illustrent les thématiques abordées par les travaux de recherche de Johanna Hornung, professeure assistante en politiques publiques, et de son équipe. En particulier dans le domaine des politiques de santé, elle mène des projets de recherche qui analysent la manière dont les problèmes et les crises émergent, comment ils sont gérés par les acteurs politiques au moyen d’instruments de politique publique, et comment se forment les préférences des acteurs autour de ces politiques, ainsi que les collaborations ou conflits qui en découlent.
Le projet se concentre plus spécifiquement sur la résistance aux antibiotiques et sur la manière dont, dans une crise sanitaire encore peu saillante, les identités sociales et la science, et plus précisément quels aspects de celles-ci, influencent l’acceptation des politiques publiques, la conformité aux mesures et la polarisation au sein de la société.